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Stabilité au vent : premier bilan avant de nouveaux résultats

  • 30/04/2004
  • Philippe Riou-Nivert
La plupart des résultats des études sur la stabilité, quelle que soit leur origine, vont dans le même sens : ils incitent à une gestion plus dynamique des forêts.

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Les mécanismes de résistance au vent

Il semble bien que le mécanisme de résistance au vent soit différent pour les feuillus et les résineux. Dans les deux cas, la hauteur semble le facteur aggravant principal.
  • Pour les résineux, on peut contrebalancer son élévation par une augmentation du diamètre, rendant les arbres plus « trapus », donc plus stables.

  • Pour les feuillus, cette augmentation s'accompagne, sans doute plus que pour les résineux, de celle du diamètre du houppier, donc de la prise au vent.

Pour les résineux, le facteur d'élancement (H/D), les zones de stabilité ou tout critère diagnostic intégrant le diamètre semblent inopérants ; seule la hauteur gouverne le risque, et de façon certainement différente selon les stations.

Cependant, dans les deux cas, les conclusions sont les mêmes : si l'on veut concilier stabilité et économie, il faut atteindre le plus gros diamètre possible à une hauteur donnée, et commencer à penser à la récolte dès 25 mètres de haut. Le but est là tout autant de diminuer le risque que de réduire la durée d'exposition au risque.


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Vers une gestion plus dynamique

Ces conclusions posent bien sûr de multiples questions : faut-il limiter la proportion de vieux peuplements ? Quelles conséquences sur la biodiversité, sur le stockage de carbone, sur la qualité du bois ? Il convient cependant de relativiser ces questions : en forêt, tout va très lentement.

La forêt française présente aujourd'hui une accumulation de bois sur pied, la production excédant de loin la récolte. Si ce stock sur pied est un puits de carbone qui contribue sans doute à contrebalancer quelque peu nos émissions de gaz carbonique et joue (de façon somme toute faible) dans la réduction de l'effet de serre, il est fragile et soumis à des déstockages massifs de plus en plus fréquents suite aux tempêtes.

Une inflexion des techniques sylvicoles vers un peu plus de dynamisme donnerait donc un petit coup de jeune à nos forêts qui ne s'en porteraient que mieux. Cependant, cette inflexion ne touchera en tout état de cause qu'une petite partie des forêts, celles gérées de façon suivie, et il y aura toujours de vieilles forêts où la biodiversité pourra s'exprimer.

Mais ces spéculations techniciennes n'ont qu'un intérêt relatif car elles sont soumises au seul facteur qui peut faire levier sur la gestion : le marché du bois.

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Bientôt de nouveaux résultats

Forêt-entreprise a consacré deux dossiers à cette question, dans ses numéros 139 et 156.

Les résultats que nous avons présentés ici ne constituent qu'une étape d'un vaste travail débuté en 2000 et qui implique la plupart des organismes de recherche français. D'autres études sont encore en cours. Par exemple, certaines concernent les problèmes d'aérodynamisme et de comportement de la forêt en tant que massif face au vent (projet Venfor), d'autres visent la mise au point d'un système expert pour conseiller le gestionnaire de pin maritime (projet Capforêt).

L'IDF, pour sa part, est engagé dans deux projets. L'un concerne la résistance au vent du peuplier en fonction du clone (par le biais d'études racinaires). L'autre vise à identifier les critères utilisables pour caractériser la stabilité des peuplements de toutes essences en utilisant les données accumulées par l'IFN après la tempête. Une méthode diagnostique doit être mise au point et appliquée, via l'IFN, à différentes régions pour essayer de définir des stratégies d'action régionales prenant en compte la stabilité.

Bien sûr, nous vous tiendrons régulièrement informé des résultats de ces différentes actions. Nous n'avons donc pas fini de parler de stabilité...


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Thème Tempête
Mots-clés tempête, chablis
Auteur Philippe Riou-Nivert

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