|  Espace personnel :

Oublié ? S'inscrire ?

Forêt Privée Française - Le Portail des Forestiers Privés

Vous êtes ici: Accueil > Actualités > Points de vue > Point de vue forestier : priorité à...

Envoyer à un ami
Version imprimable (Nouvelle fenêtre)

Point de vue forestier : priorité à la science et la concertation

  • Henri Plauche Gillon
Le cauchemar des forestiers, ce sont des mesures contraignantes, prises au nom d'une biodiversité médiatisée, mais inefficaces et coûteuses. Par contre, la formation et le dialogue ont faits leurs preuves.

Haut de page

M. Alston Chase a travaillé plusieurs décennies pour le parc national de Yellowstone aux Etats-Unis. Dans son livre Playing God in Yellowstone ("Se prenant pour Dieu à Yellowstone", 1987, non disponible en français), il raconte comment des décisions prises pour « sauver » les élans ont provoqué une succession de déséquilibres et suscité de nouvelles mesures plus catastrophiques encore. Les prédateurs (loups, coyotes) ont été volontairement décimés, les pâturages ont été détruits, menaçant d'extinction une race d'antilope et le daim à queue blanche…

Ce récit, c'est un peu le cauchemar des forestiers : des décisions sans fondements scientifiques, choisies pour satisfaire le grand public et aux conséquences dramatiques. Préserver la biodiversité ? Oui, mais pas n'importe comment : il faut s'appuyer sur la recherche scientifique pour réellement préserver la biodiversité, et non pas faire de la nature un parc d'attraction. Certes il est plus populaire de dire « réintroduisons l'ours et le loup » que « réduisons les populations de chevreuil ». Mais sincèrement, laquelle de ces deux mesures profitera le plus à la biodiversité ?
Une étude a montré qu'un même milieu accueillant 400 espèces avant l'arrivée de cerfs, n'en comportait plus que 50 après leur installation. Pourquoi ne pas commencer par là pour préserver la biodiversité en forêt ? (Source : "Haïda Gwai, un laboratoire grandeur nature", Mille et Une Productions).

L'Homme fait partie de l'écosystème forestier

La forêt française est gérée depuis des millénaires. L'Homme fait partie intégrante de l'écosystème forestier actuel. Vouloir limiter au maximum son activité sylvicole n'a aucun sens.

Affirmer cela ne signifie pas que nous sommes fermés à toute évolution. La preuve : ce sont les forestiers privés français qui, avec quelques autres, ont lancé la certification PEFC dès 1998. Ce système a prouvé que par la concertation entre forestiers et environnementalistes, on pouvait accomplir bien plus que par voie réglementaire. Le résultat aujourd'hui est considérable : chaque région de France dispose d'indicateurs adaptés et d'une politique d'amélioration continue. administrateurs et techniciens et ingénieurs forestiers sont impliqués dans la démarche. Voilà une action réellement utile à la biodiversité.

A contrario, l'expérience de Natura 2000 montre que la seule réglementation n'est pas adaptée pour préserver la biodiversité en forêt. La simple désignation des sites Natura 2000 aura probablement coûté des millions d'euros en études préliminaires et réunions multiples ; il y en faudra sans doute beaucoup plus pour honorer les contrats Natura 2000. Tout ceci pour maintenir en l'état des habitats qui sont de toute façon appelés à évoluer, ne serait-ce qu'avec le réchauffement climatique. L'alternative est simple : ne pas imposer mais informer et former. La diversité des propriétaires fera le reste.

Je conclurai sur un thème cher aux environnementalistes : le bois mort. Durant des décennies, les forestiers ont appris qu'il fallait brûler tous les rémanents et ne laisser aucun arbre mort ; une branche qui tombe et blesse un promeneur engage la responsabilité du propriétaires. Aujourd'hui, les scientifiques montrent que de nombreux insectes dépendent du bois mort. Deux possibilités s'ouvrent à nous : réglementer, compter les arbres morts ou vieillissants, les marquer à la peinture, contrôler régulièrement que personne n'y a touché… ou bien former les forestiers actuels et futurs et faire passer progressivement le maintien d'un peu de bois mort dans les pratiques sylvicoles courantes. La réponse s'impose d'elle-même.

Haut de page

Mots-clés biodiversité
Auteur Henri Plauche Gillon

Vos commentaires

Aucun commentaire pour le moment

Votre commentaire

Haut de page