Agroforesterie (jpg - 156 Ko)

Les systèmes agroforestiers en France

En France, l’agroforesterie embrasse un vaste éventail de pratiques, qui ont évolué et se sont diversifiées au cours du temps. 

En 2008, les surfaces agroforestières françaises étaient estimées à 170 000 ha et concerneraient 45 000 agriculteurs.

Aujourd’hui, l’agroforesterie est identifiée par le ministère de l’Agriculture comme une pratique culturale agroécologique novatrice et comme une voie de diversification rentable pour l’agriculteur.

Quelles sont les principales formes d’agroforesterie susceptibles d’être mises en œuvre ?

Une autre conception de l'agriculture

Le terme « agroforesterie » est apparu à la fin des années 1970. Il existe de nombreuses définitions scientifiques avec des variations considérables entre les concepts complexes proposés, mais toutes soulignent le principe essentiel que la présence des arbres au sein et/ou en bordure des champs et des pâtures améliore le fonctionnement agroécologique et l’efficacité économique du système agricole arboré.


Agroforesterie (jpg - 94 Ko)

Parcelle agricole conventionnelle (en haut à droite), et parcelle agroforestière (en bas à gauche)

Deux conceptions de l'agriculture s'opposent :

  • sur une parcelle agricole conventionnelle, la mise à nu régulière du sol en pente augmente les risques d'érosion et les pertes de fertilité, et la culture est dépendante des intrants chimiques ;
  • sur une parcelle agroforestière, la couverture végétale du sol est permanente tout le long de l'année. L'arbre apporte des services (restauration des sols, stockage du carbone, préservation de la ressource en eau, stimulation de la biodiversité) et des ressources divers (fruits, bois énergie, bois litière... et à plus long terme, bois d'oeuvre).

Les prés-vergers

Pré-verger (jpg - 116 Ko)

Pré-verger de pommiers, noyers et frênes pâturé par des vaches Blanc Bleu Belge (Anseremme)

Le pré-verger est une pâture complantée d’arbres fruitiers de haute tige. Ce système agroforestier se présente traditionnellement dans les exploitations d’élevage sous forme de petites plantations disséminées dans des prairies entourant les fermes et les villages.

La grande majorité des prés-vergers se trouve en Normandie (traditionnellement à base de pommiers et de poiriers, ils permettent la production de cidre et de calvados) et dans les deux départements du nord des Pays de la Loire (Mayenne et Sarthe).


Cultures annuelles intercalaires avec arbres feuillus

Cultures annuelles intercalaires avec arbres feuillus (jpg - 120 Ko)

Dans un système de cultures annuelles intercalaires avec arbres feuillus, l’alignement des arbres est indispensable pour assurer la circulation aisée des engins agricoles (Noilhan, Gers).

Le système de cultures intercalaires est un type moderne d’association herbe-arbre qui convient aux agriculteurs souhaitant diversifier leurs cultures et tirer parti de l’aspect productif (bois d’œuvre, de service, de chauffage) et écologique (création d’un microclimat favorable à la culture, régulation des flux d’eau, lutte contre l’érosion, prévention des pollutions d’origine agricole, stockage du carbone, refuge et trame pour la biodiversité) de l’arbre.


Ripisylves ou bandes riveraines arborées

Ripisylve (jpg - 81 Ko)

Cette ripisylve borde un ruisseau et est contiguë à une bande enherbée de 5 m de largeur. Ces 2 systèmes contribuent à piéger les pollutions d’origine agricole (Endoufielle, Gers)

La ripisylve ou forêt riveraine est une formation végétale où dominent les essences ligneuses et située au bord d’un cours d’eau ou d’un milieu lacustre (lac, étang, mare, marécage, tourbière, prairie humide).

Sa largeur peut varier de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres.

L’objectif de l’implantation d’une bande riveraine est l’amélioration de la qualité des cours d’eau.


Haies brise-vent

Haie (jpg - 138 Ko)

Haie de frênes dans le bocage pyrénéen (Mont, HautesPyrénées).

Les haies sont sans doute le système agroforestier le plus développé et le plus classiquement intégré à l’espace rural français.

Les haies servent à délimiter un espace agricole (champ ou pré) et constituent une clôture pour le bétail.

En réduisant la vitesse du vent, elles créent un microclimat favorable pour la culture (augmentation des rendements de production agricole) et l’élevage (bien-être animal).

Perpendiculaires au sens de la pente, elles modifient l’écoulement des eaux sur les versants en réduisant les ruissellements et leur effet érosif (arrêt des particules érodées). Elles jouent aussi un rôle dans la prévention des pollutions d’origine agricole en réduisant fortement les flux de nitrates.

Gisement de biodiversité, les haies abritent de nombreuses espèces animales et végétales qui ne peuvent survivrent dans les parcelles agricoles. Elles offrent nourriture et sécurité pour la faune sauvage et sont des alliées incontournables d’une agriculture durable comme réservoir à insectes auxiliaires utiles à la lutte intégrée des ravageurs de culture.

Voie de communication et corridors écologiques, ces linéaires protégés permettent à la faune et la flore d’investir l’espace délimité par les haies, puis de se déployer progressivement sur l’ensemble d’un territoire et garantir le brassage génétique indispensable à la survie des espèces.