Forêts de France : PEFC a dépassé, en début d'année, la
barre des 3 millions d'hectares de forêts certifiées en France.
Considérez-vous que PEFC a atteint son objectif ?
Stéphane Marchesi : N'oublions pas que l'objectif
premier de PEFC était de permettre à tous les propriétaires
forestiers, quelle que soit la taille de leur forêt, d'accéder à un
système de certification crédible et fiable de la gestion durable
des forêts. La certification permet d'améliorer l'image du bois en
garantissant au consommateur qu'il provient de forêts gérées
durablement.
Etant donné l'évolution des marchés et des mentalités, il
paraissait indispensable que la certification soit accessible à
tous les propriétaires forestiers. C'est chose faite. Tout
sylviculteur français peut aujourd'hui adhérer à PEFC à un coût
tout à fait raisonnable (10 centimes d'euros par hectare et par
an).
Maintenant, pour que PEFC perdure, il doit s'imposer sur les
marchés. Cela implique que des surfaces suffisantes de forêts
soient certifiées et que des entreprises de transformation
certifient leur chaîne de contrôle afin d'assurer le suivi des bois
certifiés.
FF : Mais la clé du problème n'est-elle pas, aujourd'hui,
plutôt au niveau du consommateur ? PEFC n'est pas encore connu du
grand public et on voit mal comment les consommateurs pourraient
être demandeurs de produits PEFC…
Attention, aujourd'hui la clé du développement de
PEFC n'est pas seulement au niveau du consommateur. Il serait
inutile et même contre-productif de communiquer sur PEFC auprès du
grand public tant que le bois PEFC n'est pas largement disponible
dans les magasins.
La première étape, incontournable, est de fournir les
transformateurs et les distributeurs en bois PEFC.
Rappelons que les magasins de bricolage sont demandeurs de produits
« verts ». Castorama, Leroy-Merlin achètent déjà des produits PEFC.
Ils se sont même engagés à ne s'approvisionner qu'en produit bois
certifiés à très court terme.
Le marché bouge, même si les forestiers ne le perçoivent pas
toujours clairement. C'est pourquoi il est si important que les
propriétaires forestiers s'engagent sans tarder dans la
certification.
FF : Ne peut-on pas attendre que la demande soit plus
importante ?
Non, on ne peut pas attendre. Car si la France n'est pas très
rapidement capable de fournir du bois certifiés en quantité
suffisante, les distributeurs les importeront d'autres pays,
notamment du Nord de l'Europe.
C'est donc à chaque propriétaire de prendre conscience de l'enjeu
et de s'engager le plus rapidement possible.
FF : Quelles surface certifiée faudrait-il atteindre pour
que la machine soit réellement lancée ?
Notre objectif est que 50 % de la production française de bois soit
certifiée d'ici début 2005. Et c'est un objectif tout à fait
réaliste.
Propos recueillis par Céline de Bohan