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Douglas : un exemple de régénération naturelle en Bourgogne

  • Alain de Champeaux
A ceux qui doutent encore des aptitudes régénératives du douglas, Alain de Champeaux, sylviculteur dans le Morvan, apporte le témoignage de ses peuplements et quelques conseils.

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Une forêt mélangée favorisant la régénération naturelle

Introduction de Pierre Giraud, professeur honoraire de géologie à la Faculté des sciences de Grenoble.

La commune de la Petite-Verrière est située entre Autun (Saône-et-loire) et Château-Chinon (Nièvre) sur le versant oriental du Morvan collinéen, à une altitude comprise entre 360 et 550 mètres. Sur le plan géologique, la roche en place est, pour l'essentiel, un granite profondément altéré au tertiaire et transformé en arènes gréso-sablo-argileuses surmontées de sols brunifères ou ocreux, plus ou moins épais, filtrants, avec un humus de type mull acide, mull moder ou moder.

La pluviométrie oscille entre 1 000 et 1 100 mm, la température moyenne est de 10,1 °C.
Ces conditions ont été favorables au développement forestier. En témoignent les 170 hectares que possède la famille de Champeaux depuis 1775. À côté des essences climaciques primitives (hêtre, chêne, charme) toujours présentes, d'autres ont été introduites au fil des décennies : pectiné, douglas, épicéa, mélèze.

On a ainsi par endroits, une forêt mélangée traitée de façon jardinatoire avec le souci de favoriser, autant que faire se peut, la régénération naturelle ainsi qu'une sylviculture d'arbre. On peut juger de la validité de ce mode de gestion à partir du douglas qui, introduit en 1884 à la Petite-Verrière, a montré, outre ses nombreuses qualités reconnues par tous, son aptitude à se régénérer.

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Premier exemple

  • 1ère génération
    Six douglas plantés en 1884, dont quatre subsistent encore à l'heure actuelle (deux ont été foudroyés en 1962). Circonférence des deux plus gros : 4,06 m et 4 mètres.
  • 2e génération
    Entre autres, un bouquet serré de 5 m² de trois douglas d'une circonférence de 2, 3 et 3,5 mètres.
  • 3e génération
    Plusieurs douglas de 0,60 à 1,30 mètres de circonférence, disséminés dans une plantation de sapins pectinés.

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Deuxième exemple

  • 1ère génération
    Une allée de douglas plantés en 1900 et exploités en 1972.
  • 2e génération
    Colonisation sur 1 ou 2 hectares, dans un taillis de chênes pauvres, sur une croupe sèche : certains des douglas pouvant atteindre un volume de 2 à 3 m3, voire plus.
  • 3e génération
    Peu visibles, l'environnement n'est pas favorable.

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Troisième exemple

  • 1ère génération
    Une plantation de douglas en 1927, exploités en 1968 suite à une tornade qui a arraché tous les arbres.
  • 2e génération
    Semis de douglas dans une plantation de sapins pectinés (qui jouxtent les douglas) effectuée en 1959/1961, selon la méthode de la coupe d'abri de M. Lachaussée (Éclaircie légère dans un vieux taillis ou une futaie pour y introduire une essence d'ombre. On procède ensuite à un découvert progressif par fortes éclaircies successives). Plantation suivie pendant des années pour enlever complètement le taillis recouvrant.
    Les semis de douglas ont bénéficé des soins apportés aux pectinés qu'ils ont par endroits détruits pour prendre leur place : douglas de 0,80 à 1,80 mètres de circonférence.
  • 3e génération
    Dans un taillis de chênes voisin, coupé il y a quelques années, et dans quelques trous dans la plantation de pectinés, dus à la tempête de fin 1999 plusieurs douglas de 1 à 5 mètres de hauteur sont présents dans le taillis et l'on trouve des semis de 2 à 3 ans dans les trous de chablis.

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Enseignements

De telles observations ont pu être réalisées partout où des plantations anciennes de douglas ont été effectuées, preuve que le douglas s'est bien adapté dans notre région… et ailleurs.

Ces observations permettent de tirer divers enseignements dont la liste n'est, bien entendu, pas exhaustive :
  • une bonne fructification du douglas n'a pas lieu tous les ans mais tous les trois à quatre ans ; par ailleurs, la mouche Chalcis (Megastigmus spermotrophus) peut faire d'importants dégâts en pondant dans les graines, les rendant stériles, surtout lors de printemps humides ;

  • les semis se développent rarement sous la plantation des douglas, mais en bordure si le terrain est relativement propre et éclairé : taillis de chênes très clairs, talus après ouverture de pistes ou routes forestières, sols nettoyés après coupe à blanc avec porte-graines autour, landes un peu travaillées, etc. ;

  • les semis craignent les ronces, les fougères, la canche, etc. Laisser un certain abri forestier après exploitation des parcelles jouxtant les semenciers pour éviter l'invasion de ces adventices et leur prolifération, ou traiter la ronce avec des produits spécifiques et les précautions adéquates ;

  • les semis nécessitent un suivi dans le temps :layonnage si besoin, dépressage ensuite, comme dans toute plantation ;

  • les graines de douglas, relativement légères, peuvent coloniser jusqu'à 50 m et plus depuis les géniteurs ; si les conditions sont favorables, bien entendu ;

  • il semble que les chevreuils fassent moins de dégâts dans les semis naturels de douglas que dans ceux plantés en ligne, là où il n'y a pas une trop forte pression de ce gibier.

  • Les douglas peuvent commencer à se régénérer au bout de 25 ans environ.
Bonne chance à ceux qui essaient !

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Mots-clés reboisement, régénération naturelle
Auteur Alain de Champeaux

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