Je souhaite vendre des parcelles forestières entourées de
parcelles agricoles et je redoute l'exercice du droit de
préemption de la Safer. Peut-elle exercer ce droit en forêt et à
quelles conditions ?
La loi a accordé aux Sociétés d'aménagement foncier et
d'établissement rural (Safer) un droit de préemption afin
qu'elles puissent exercer dans les meilleures conditions
possibles leur mission principale qui est l'amélioration des
structures foncières. Ce droit leur permet d'acquérir en
priorité, à certaines conditions, les fonds agricoles ou terrains à
vocation agricole ou les immeubles non bâtis compris dans un espace
naturel et rural. La préemption doit toujours être motivée avec
précision et être exercée pour un ou plusieurs objectifs définis
par l'article L. 143-2 du code rural.
Les Safer ne peuvent en principe exercer leur droit de préemption
sur les ventes de parcelles boisées. Toutefois, le 6° de
l'article L. 143-4 du code rural prévoit quatre exceptions qui
sont les suivantes :
- si les parcelles boisées sont mises en ventes avec d'autres
parcelles non boisées dépendant de la même exploitation agricole,
l'acquéreur ayant toutefois la faculté de conserver les
parcelles boisées si le prix de celles-ci a fait l'objet
d'une mention expresse dans la notification faite à la Safer
;
- s'il s'agit soit d'un semis ou plantations sur la
parcelle de faible étendue dont la commission communale
d'aménagement foncier a décidé la destruction en application de
l'article L.123-7 (la parcelle doit être située dans un
périmètre de remembrement), soit de semis ou plantations effectuées
en violation des dispositions de l'article L. 126-1 (relatif à
la réglementation des boisements) ;
- si elles ont fait l'objet d'une autorisation de
défrichement ;
- si elles sont situées dans un périmètre d'aménagement
foncier agricole et forestier en zone forestière prévu aux articles
L. 123-18 à L. 123-22.
A moins que vos parcelles entrent dans l'un des quatre cas
susvisés, vous n'avez pas à redouter l'exercice du droit de
préemption de la Safer lors de leur vente. Je vous précise
qu'en vertu de l'article R. 143-9, 3° du Code rural, le
notaire a l'obligation de notifier à la Safer les cessions de
surfaces boisées quand bien même celles-ci ne sont pas «
préemptables » par la Safer.
A noter enfin que le droit de préemption ne peut être utilisé lors
des transactions consenties à :
- des cohéritiers, des proches parents ou des co-indivisaires du
vendeur ;
- un fermier ou un métayer exploitant le fonds depuis trois ans
;
- un agriculteur exproprié (sous certaines conditions).